Cette biographie est construite à partir d'une interview faite par Daniel Pantchenko pour Chorus (printemps 97) et du journal de jeunesse de G.Pierron.

 

extrait

En revenant du bal
Gaston Couté, G. Pierron

 

 

 

 

 

Sur les chemins de ma route

Gérard Pierron est né le 14 oct 45 à Thouars dans les Deux Sèvres. Son père est tué à Dien Bien Phu, Gérard a huit ans, deux ans après il rentre comme élève au Prytanée militaire de La Flèche où il restera trois ans. Plus tard il devient électrotechnicien chez Citroën à Paris.

Électricien je gagnais une vie limitée, dirigée.
Pâle sous l'éclairage fluorescent du laboratoire.
Je m'inventais des paysages.
Un calendrier, illustré d'une mauvaise photographie,.
m'invitait au voyage.
Je regardais de plus en plus souvent la montagne qu'il représentait.
Et je suis arrivé à l'usine de plus en plus en retard.

Libre
Prêt à respirer l'odeur des canaux maritimes
Libre
Prêt à observer les soleils couchants
Sur toutes leurs faces
Dans toutes les positions
en tous lieux
Libre
Avec un fromage dans la poche
Avec quelques chansons nouvelles à gratter sur ma guitare
Avec quelques souvenirs poétiques à égrener dans les bistrots.
Libre .
Je chanterai les doigts gelés
Les jours de fièvre,
Les jours de gloire...


Il découvre la chanson, un soir dans un cabaret . Il plaque Citroën et s'essaie à la chanson dans les cafés de Montmartre. Débute alors " sa période maïzena ", bouillie salvatrice qui va le nourrir pendant de longs mois. Il chante Félix Leclerc, Léo Ferré, Pierre Mac Orlan, Francis Lemarque, Georges Brassens... et s'ouvre à la poésie.

Attiré par ce rêve que représente la mer, il file vers St Malo, où après avoir vivoté quelques mois grâce à sa guitare, il décide de s'embarquer pour Terre-Neuve comme électricien sur un terreneuvas :

Paysage de lumière et de vent !
Océan,
Quand il neige des oiseaux
en flocon sur ton eau
Des enfants verraient
en leur chevelure
se mêler l'aventure.
 
La lune tire ses chaluts de lumière
La pêche est bonne où ruissellent les dorades
les vagues s'endorment repues.
Clapotis de l'eau sur la coque,
Un hublot lumineux fait l'amour avec moi,
Trouant mon corps fourbu sur la couchette.
Fluide il glisse entre mes doigts
cicatrisés de limaille.
Tout luit...
Les icebergs descendent vers le Labrador.

"Il a fallu que je leur prouve que j'étais un bon électricien pour qu'ils commencent à s'intéresser à moi. Après , ils étaient ravis que de temps en temps sur le bateau je leur pousse une chanson. L'amusant, c'est que je leur chantais Graeme Allwright, mais aussi Jean Vasca ! C'était quand même quelque chose ..." gp

De retour à terre, Gérard alterne séjours parisiens et tentative d'installation en Bourgogne et en Bretagne :
"En définitive, je suis attiré par la campagne ou par la mer. Quand j'étais jeune, je travaillais tout au senti, au hasard. Maintenant, je m'y prends différemment, mais en y trouvant la même émotion.
Je conçois le métier de chanteur comme un métier d'aventurier. Et je le vis comme ça. Il y a eu des périodes où quand j'avais une soirée dans une région, je mettais trois jours pour y aller, je m'arrêtais dans les bibliothèques, je repérais des choses, j'essayais de casser la croûte ou de boire un verre dans les bistrots qui avaient un charme particulier ..."gp

La campagne émerge de la brume
Silencieuse comme un voilier
Les bosquets voguent tout colorés d'automne
Les arbres les plus hauts se dressent comme des mâts
Elle illustre un conte où il ne se passerait rien
Sinon de beaux levers de soleil neuf
Arrosés de ciel rose et bleu
Tous vous pouvez être les matelots de ces campagnes
Oh ! la rosée du matin qui pénètre vos laines
le Massif Central est le plus beau des océans
Aux vagues toujours changeantes comme des monts
L'humanité a planté ses pylones
Tendu ses câbles sur les crêtes
Cette nuit des Techniciens en chaussons de funambule
Ont fait briller leur balancier métallique sous la lune
Pour ne pas perdre l'équilibre

 

 

21 heures
L'heure où l'on peut chanter à Paris dans les restaurants,
en province c'est plus difficile, les patrons ne sont pas habitués
aux chansons poétiques et à la manche.
Limoges
Dans les rues humides et sonores,
les fourchettes cognent les assiettes.
Je les entends bien, et ces mets que je devine
et ces rires en famille dont j'ai besoin, ce soir.
Cette voix qui éclate, semblable
à tous les coins de rue, soliloque fluorescent qui s'impose,
c'est celle de la télévision.
Cela me révolte tout à coup, ajoutant à ma solitude.
Que faire pour tous ces gens dociles,
la moindre enseigne me fait espérer.
J'ai besoin d'argent, d'un minimum vital.
Demain je reprends la route, je n'ai plus un rond.
Des juke-box dans tous les bars.
Il est difficile d'être troubadour au XXème siècle.
La voix du clocher me rappelle que là aussi il y a une église,
ça n'a jamais changé grand chose pour les vagabonds.
Il pleut,
Les glaces des grands magasins me surveillent.
Parfois je surprends mon visage fatigué.
Vais-je encore chanter pour une dizaine de soulauds,
pour me faire deux balles.

 

Gaston Couté, le coup de coeur

La découverte de Gaston Couté date de la période maïzena, du jour où un copain comédien lui prêta un disque " Poètes maudits d'hier et d'aujourd'hui"
c'était en 1968.(Les premiers textes mis en musique datent de cette époque)

En 1975, G.Pierron rencontre le guitariste Paul André Maby qui lui fait rencontrer un jeune comédien qui dit Couté : Bernard Meulien.
Avec lui Gérard monte son premier spectacle sur "La chanson d'un Gâs qu'a mal tourné"
Ça dure deux ans, puis Meulien parti, Gérard a envie de ne plus s'accompagner lui même à la guitare.
Nouvelle rencontre: Eddy Schaff : " Là j'ai eu le coup de foudre pour l'accordéon... "

"C'était presque en 77 et j'avais une proposition pour interpréter six chansons de G. Couté pour L'émission radio de Jacques Erwan à France Culture. On a travaillé trois jours seulement avec Eddy, on a fait l'émission, et le soir même, je recevais un coup de fil de la maison de disques "boite à musique" de Mr Alvarez. C'était le premier album, auquel j'ai associé Bernard Meulien : succès, et c'est de là qu'est partie toute l'aventure Gaston Couté, poursuivie par les éditions "Le vent du Ch'min", crées chez moi avec Jean Claude Richard et toute une équipe de passionnés."gp


 

 

Je suis parti, sans savoir où
Comme une graine qu'un vent fou
Enlève et transporte.
A la ville où je suis allé
J'ai langui comme un grain de blé
Dans la friche morte.
(G.Couté)


voir la page sur Gaston Couté


Aquarelle de Pascal Proust extraite de Carnet de Loire.
Éditeur : Le Polygraphe

voir la page sur La Loire

 

1981 : Création
"La chanson du repêché dans la rivière de Loire"

Thouars n'est pas bien loin de la Loire et Gérard a toujours aimé le grand fleuve.
"La première fois que j'ai vu la Loire , j'ai cru voir la mer"
Gaston Couté est né au bord de la Loire, mais là il y a aussi d'autres auteurs. Tout ça donnera naissance à une autre aventure coproduite par la maison de la culture d' Angers :
" Une descente de la Loire et de L'Allier " en 83

1985 : Les cent printemps des poètes

En mars 85, au printemps de Bourges, il organise avec le centre régional de la chanson dirigé par Alain Meilland,
"Les Cent Printemps des poètes"
Pour y célébrer Eugène Bizeau, Maurice Davau, Ulysse Dubois, Emile Joulain, Robert Grossin.
Tous auteurs régionaux de grand talents
Cette création donnera lieu à un enregistrement public couronné du grand prix de l'académie Charles Cros.


 

Eugène Bizeau

Les saisons suivantes, il joue dans "Le condamné à mort" de Jean Genet aux côtés d'Hélène Martin, participe à un hommage à Félix Leclerc .
Au Printemps de Bourges, il monte un spectacle pour la ville Saint Pierre des Corps avec Allain Leprest , Jean Piero , Eddy Schaff,
et la participation des habitants.
voir page Jen Piero

1990 : La chanson d'escale

C'est la "rencontre" de Louis Brauquier , poète (également peintre et photographe) Marseillais, marin au long cours.


"Je suis allé à Marseille marcher dans les rues. J'avais besoin d'être habité... J'apprends les textes, souvent avant de les mettre en musique ... Au fond c'est le texte, sa musique qui va conduire ma mélodie."gp

voir la page Louis Brauquier

 

manuscrit de Louis Brauquier

Après la chanson d'escale, Gérard alterne différents spectacles : Couté, Brauquier et " Sillons Sillages " titre qui résume si bien ses sources d'inspiration. Il enregistre deux nouveaux disques sur Gaston Couté :
-1992 "Gaston Couté" enregistrement public au théâtre d'Ivry-sur-Seine.
-1997 "En revenant du bal"
(voir vynil, cassettes et cd )

1999 ... Chante Vigne chante Vin__e

Dans la page consacrée à ce disque et à ce spectacle, Gérard raconte la naissance de ce nouveau projet,
et sa rencontre avec François des Ligneris, vigneron de St Emillion.

 

voir la page chante vigne chante vin

 



"Ce spectacle et ce disque sont une histoire d'amitié car le vin est, avant toute chose, la rencontre et le partage". gp

photos Christian Berjon

J'ai ma maison dans le vent sans mémoire,
J'ai mon savoir dans les livres du vent
Comme la mer, j'ai dans le vent ma gloire,
Comme le vent j'ai ma faim dans le vent.
Lanza Del vasto
 

2000 ... Ceux d'Hoédic

2003 .... Carnet de bord

Après la catastrophe de l'Erika...
Gérard incite Patrick Piquet, journaliste revenu de l'île D'Hoëdic en Morbihan où il a participé aux luttes dérisoires contre la marée noire, à écrire ...
Nait alors un long et magnifique poème de révolte que Gérard met en musique. Leur ami Pascal Michel, amoureux de la chanson et animateur de l'association "La Passerelle" , propose d'en faire le point de départ d'un disque.
Aidé par une belle équipe de musiciens, cet enregistrement devient un chant profond dédié à la mer.

Ce projet est repris par "chant du monde".Enrichi de 9 textes supplémentaires il doit sortir en septembre 2003, sous le titre "Carnet de Bord"

2002... Une création au théâtre

sur des textes de
Charles Louis Philippe

avec Patrick Cosnet, Hélène Raimbault, Gérard Pierron et Sébastien Mesnil


mise en scène Claude Auffort

 

 

2003 ... une création
"Le tour du monde de Raymond Queneau
avec Guylène Ferré

http://www.compagnie-arto.org/

2004...L'association "Le p'tit Chariot" se créé autour d'un collectif d'artistes dont Gérard Pierron
A St Pierre des Corps travail avec les habitants pour la création d'une expo et d'un spectacle commun "Les vide-greniers de ma musique"
 

2005 "Madame la rue" avec Marie Mazille, Françoise Mesnil, Patrick Reboud et Mag Senn

Madame la rue est un spectacle mis en scène autour de cinq artistes chanteurs et musiciens interprétant avec talent, humour et poésie un répertoire de chansons très peu connues, à découvrir ou redécouvrir avec gourmandise.

le disque de ce spectacle sort fin septembre 2006

2006 "Plein Chant"

Un spectacle et un double album (distribué par Le chant du Monde, harmonia mundi) autour d'une rencontre entre Gérard Pierron et deux groupes de la région Grenobloise : DJAL et Kordévan

Création du spectacle et sortie du disque le 4/10/2006 à Voiron "Le Grand Angle"

  dessin Ernest Pignon Ernest

 
2007/ 2008 Retour vers Gaston Couté pour "Le discours du traîneux" avec Bernard Meulien, Hélène Maurice, Marie Mazille, Etienne Boisdron puis Patrick Reboud et les participation de Guy Raimbault, Yves Perrin et François Parisi . Un spectacle puis un nouvel album en autoproduction
2009 en création un spectacle sur la boule de fort . Et puis d'autres projets aussi. Nous en parlerons bientôt.  
et roule la suite de l'aventure ...


Actuellement Gérard Pierron habite " Les Rairies "
village de briquetiers et de potiers, dans le nord du Maine et Loire près d' Angers.

 

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